Totnes et le Zéro déchet #4 Pause shopping

Shopping, souvenirs : et la consommation responsable dans tout ça ?

La première évidence, c’est qu’il ne sert pas forcément à grand-chose de vouloir faire rentrer ses déchets non-recyclables dans un bocal si c’est pour craquer sur son lieu de vacances pour une quantité monstrueuse de bidouilles en plastique Made in China*, autrement appelées saloperies. Le premier commandement d’une démarche sans déchet, c’est de refuser. Refuser de craquer pour une babiole jolie (et encore) mais encombrante/inutile, pour le cadeau souvenir fait à la va-vite pour ne pas passer pour une pince au retour des vacances, etc.

*Parole d’une collègue « on se demande pourquoi les touristes chinois achètent des Tour Eiffel porte-clefs rue de Rivoli, ils ont les mêmes dans leurs usines ».

Pour autant, faire plaisir et/ou répondre à une demande des proches est tout à fait faisable.

Qu’ai-je acheté pour moi et mes proches ?

Pour moi d’abord, quelques objets sont venus alourdir mes bagages :

Un livre pour mon trajet retour.

Durant mon séjour, j’ai pioché dans la bibliothèque de mon hôte (J.D. Salinger, perdu au milieu de lectures bouddhisme&méditation) et j’ai lu les journaux dans les cafés/restaus où je faisais une pause. Totnes a même une bibliothèque toute choupi, nul besoin d’acheter des magazines lus à la va-vite dans le train (et abandonnés dans les wagons pour ce que j’en ai vu).

Mais pour le trajet-retour, il me fallait une lecture. J’ai commencé par fouiller tous les charity shops et boutiques d’occasion pour trouver mon bonheur, avec comme défi d’acheter soit un Margaret Atwood soit un Sherlock Holmes. Ce fut rigolo mais malheureusement complètement infructueux (j’ai juste trouvé et reposé Le Monde perdu de Conan Doyle).

Je me suis rabattue sur la librairie indépendante de Totnes pour acheter un Atwood neuf, en payant en Totnes Pounds. Acheter des livres, même neufs, n’est pas vraiment un souci : c’est un objet de culture, durable, qui peut circuler, être prêté, revendu facilement.

Si j’avais voulu acheter de la littérature avec une touche de couleur locale, j’aurais évidemment penché pour le Chien des Baskerville ou encore le quatrième volet de Harry Potter dont une partie se passe dans le Dartmoor (merci Wiki pour cette dernière information).

Mais scanner les étagères livres des charity shops (comme celles d’Emmaüs) fait surtout prendre conscience de toute la mauvaise littérature qui encombre les rayons. Lire des bouquins un peu légers voire carrément pourris n’est pas non plus un souci, mais il vaut mieux utiliser les canaux responsables (bibliothèque/occasion). Les charity shops débordent de mauvais polars (et de livres de cuisine bidon).

 

J’ai aussi alourdi ma valise avec de la nourriture végé de contrebande (tempeh au chanvre, tofu aux noisettes) et une paire de leggings.

LES SOUVENIRS

L’alcool d’abord. Il va sans dire que tout bon séjour en Angleterre doit se conclure par un achat de vin rouge…

Blague à part, lors de ma visite de Buckfastleigh, j’ai poussé jusqu’à l’abbaye de Buckfast, dont les moines fabriquent le tristement célèbre Buckfast (tonic) wine, un apéritif de vin et de caféine tenu responsable de bien des débordements de la jeunesse dépravée écossaise (l’abbaye n’est pas en Ecosse, mais connaît son plus grand succès dans ce pays).

The notorious Bucky!

J’ai donc décidé de ramener une belle quantité de cette piquette qui rend fou. Les mignonettes (voir première photo de l’article), quoiqu’en verre, pourraient passer pour un conditionnement inutilement petit, mais les bouteilles pourront être réutilisées pour stocker des huiles pour le visage ou le corps par exemple (verre teinté), en format voyage. (EDIT : l’une d’elle vient d’être réutilisée pour la dinette d’une petite ; il n’est jamais trop tôt pour apprendre les dignes valeurs écossaises aux enfants).

Toujours dans le domaine de cette abbaye, on trouvait une boutique monastique, vendant uniquement les productions de moines et des sœurs d’Angleterre et du reste de l’Europe (j’ai distinctement aperçu des nonnettes de Dijon).

A Buckfast, outre le tord-boyaux Bucky, les moines vendent des fudges en vrac par exemple.

J’y ai acheté pour ma mamie un savon parfumé avec les roses d’un couvent de Norfolk, emballé dans une simple feuille de papier brun avec une ficelle.

Et enfin, ma plus belle prise, les Tote Bag souvenirs de Totnes :

  • Twinned with Narnia (jumelée avec Narnia, voir article précédent)
  • Totnes: may contain nuts (blague sur le sens de la phrase pour les allergiques : traces possibles de noix et sur le sens familier de nuts, timbrés. Lié probablement aussi à la première initiative des Incroyable Comestible de Totnes, qui ont replanté une petite île de la rivière avec des noisetiers).

Achetée 10t£ (Totnes Pounds) les deux.

Le Tote Bag, de préférence choisi en coton bio (la plupart le sont) n’est jamais un achat inutile à l’heure de l’interdiction des sacs plastiques. Répétez après moi : on n’a jamais assez de tote bags !

Vous ne trouverez pas de boutiques souvenir classiques à Totnes, mais en cherchant bien quelques mugs, quelques objets ici et là, tels ces sacs à la production un peu mystérieuse (faits par un local depuis parti pour la Nouvelle-Zélande, j’ai visiblement acheté les deux derniers, des collectors).

BILAN ET QUESTIONS

Que ramener d’un voyage ?

De l’utile, de l’artisanat, du durable.

De l’occasion en bon état (livre sur la région, accessoire).

De quoi limiter ses déchets : sac en tissu, serviette en tissu, gourde, tasse nomade/thermos.

De la nourriture, de l’alcool : conditionnée dans du verre, du papier, du carton.

Et de bonnes anecdotes, évidemment. C’est la première à rapporter, et la seule quand vous ne voulez pas ramener de cadeaux souvenirs.


A suivre, le dernier article de la série : mes déchets anglais ou comment j’ai fait tenir une semaine à l’étranger dans un demi pot à confiture Bonne Maman.

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