Climat & énergie

DPE : ce qui change en 2026 et le calendrier des logements interdits à la location

Climat & énergie · Publié le 2026-10-27

Bâtiment ancien en brique et pans de bois à deux pignons, grandes fenêtres vitrées et escalier extérieur métallique
Bâtiment près de l'église Saint-Hilaire, boulevard de la Marne, à Saint-Maur-des-Fossés. Photographie de VVVCFFrance, CC0.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) n'est plus une simple formalité de fin de visite. Son étiquette, de A à G, conditionne désormais le droit de louer un logement, et sa méthode de calcul a changé au 1er janvier 2026. Pour les locataires comme pour les propriétaires des communes des bords de Marne, où le parc ancien est important, il est utile de savoir le lire. Voici ce qui a changé, et ce qui va changer.

Ce que mesure le DPE

Le DPE informe le futur locataire ou acquéreur sur la performance énergétique et climatique d'un logement. Selon Service Public, il comprend notamment la description du logement et de ses équipements de chauffage, d'eau chaude, de refroidissement et de ventilation, la quantité annuelle d'énergie consommée ou estimée et l'évaluation des dépenses correspondantes, les émissions de gaz à effet de serre, des recommandations de travaux avec leur coût et leur efficacité, et des éléments sur le confort thermique en été. Le logement reçoit deux étiquettes, énergie et climat, de A à G.

Le DPE concerne tous les logements, à quelques exceptions près : logements occupés moins de quatre mois par an, petits logements indépendants de moins de 50 m² de surface de plancher, monuments historiques classés ou inscrits. C'est au propriétaire de le faire réaliser, par un diagnostiqueur certifié et assuré, sans lien avec lui. Service Public précise qu'un propriétaire qui fait appel à un diagnostiqueur non certifié s'expose à une amende de 1 500 euros, portée à 3 000 euros en cas de récidive. Chaque DPE est transmis à l'Ademe, qui lui attribue un numéro d'identification sans lequel il n'est pas valable.

Ce qui a changé au 1er janvier 2026

Le DPE classe les logements selon leur consommation d'énergie primaire, c'est-à-dire en tenant compte de l'énergie nécessaire pour produire et acheminer l'énergie consommée. Pour l'électricité, on applique un coefficient de conversion. Un arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel du 26 août 2025, l'a abaissé : depuis le 1er janvier 2026, il passe de 2,3 à 1,9.

La conséquence est mécanique : à consommation égale, un logement chauffé à l'électricité affiche une consommation d'énergie primaire plus faible qu'avant, et peut changer de classe sans aucun travaux. Pour un logement chauffé au gaz ou au fioul, l'effet est beaucoup plus limité, puisqu'il ne porte que sur les usages électriques (éclairage, ventilation, éventuellement eau chaude).

Énergie primaire, énergie finale, double étiquette

Deux notions reviennent souvent. L'énergie finale est celle que l'on paie et que mesurent les compteurs ; l'énergie primaire inclut en plus les pertes liées à la production et au transport. Depuis la réforme du DPE de juillet 2021, la classe d'un logement résulte de deux indicateurs, sa consommation d'énergie primaire et ses émissions de gaz à effet de serre : c'est le plus défavorable des deux qui détermine la lettre. Un logement peu émetteur mais très consommateur reste donc mal classé, et inversement.

Le calendrier de la décence énergétique

Depuis la loi Climat et résilience de 2021, la performance énergétique fait partie des critères de décence d'un logement loué. Selon Service Public, seuls peuvent être loués avec un bail d'habitation, pour un bail signé, renouvelé ou tacitement reconduit :

PériodeClasses DPE autorisées à la location
De 2025 à 2027A à F (la classe G est exclue depuis le 1er janvier 2025)
De 2028 à 2033A à E
À partir de 2034A à D

L'exclusion concerne aussi le renouvellement du bail et sa reconduction tacite, pas seulement les nouveaux baux. Pour un locataire dont le logement est classé G, le bailleur doit donc engager des travaux pour pouvoir continuer à louer dans les conditions de la loi ; en cas de difficulté, l'agence départementale d'information sur le logement (ADIL) peut renseigner gratuitement sur les droits et recours.

Lire un DPE avant de signer

  1. Vérifier la date du diagnostic : moins de dix ans, et postérieur au 1er juillet 2021.
  2. Regarder les deux étiquettes, énergie et climat, ainsi que l'estimation des dépenses annuelles, plus parlante qu'une lettre.
  3. Si le chauffage est électrique et le DPE antérieur à 2026, demander si une attestation mise à jour existe : la classe a pu s'améliorer.
  4. Lire les recommandations de travaux et la rubrique sur le confort d'été, utile dans les logements sous les toits.
  5. Comparer avec les charges réelles, quand le propriétaire ou l'occupant précédent accepte de les communiquer : le DPE repose sur une méthode conventionnelle, pas sur les factures.

DPE et transition locale

Dans les communes des boucles de la Marne, où l'on trouve beaucoup de pavillons anciens et d'immeubles d'avant les premières réglementations thermiques, le DPE est un bon point de départ pour un projet de rénovation. Les aides et le conseil disponibles sont présentés dans notre article sur la rénovation énergétique dans l'est parisien, et leur place dans la stratégie du territoire dans notre article sur le plan climat. Pour qui cherche un logement, l'étiquette énergie est un critère à croiser avec la zone inondable et la desserte en transports, comme nous l'expliquons dans notre guide pour vivre au bord de la Marne.

Sources