Compost collectif en pied d'immeuble : ce que propose Paris Est Marne & Bois

Le compost a longtemps été l'affaire des maisons avec jardin. Ce n'est plus le cas : depuis 2024, chaque habitant doit disposer d'une solution pour trier ses déchets alimentaires, et les collectivités multiplient les composteurs collectifs, les lombricomposteurs et les bornes de collecte. Dans les treize communes de Paris Est Marne & Bois, de Vincennes à Villiers-sur-Marne, l'offre est assez complète. Voici comment elle fonctionne, en particulier pour qui habite en immeuble.
La règle nationale : une solution de tri pour chacun
Selon le ministère de la Transition écologique, à compter du 1er janvier 2024, conformément au droit européen et à la loi antigaspillage de 2020, le tri des biodéchets est généralisé et concerne tous les professionnels et les particuliers. La loi prévoit que chaque particulier dispose d'une solution pratique de tri à la source. Les biodéchets désignent notamment les déchets alimentaires (restes de repas, épluchures, produits périmés) et les déchets verts du jardin. Le ministère rappelle qu'ils représentent encore un tiers du contenu de la poubelle résiduelle des Français.
La loi laisse aux collectivités le choix des moyens : collecte séparée, bornes d'apport volontaire, compostage de proximité, ou combinaison des trois. Dans l'est parisien, c'est le territoire Paris Est Marne & Bois qui exerce la compétence de collecte et de traitement des déchets ménagers depuis le 1er janvier 2016, et qui a fait le choix d'une offre mixte.
En maison : le composteur individuel
Les habitants d'une maison, ou d'un rez-de-chaussée d'appartement avec jardin, peuvent obtenir gratuitement un composteur en bois de 400 litres (90 cm sur 90 cm). Le territoire propose des initiations de 45 minutes, en visioconférence ou en présentiel, tout au long de l'année. Il indique que composter permet de réduire le poids de sa poubelle d'environ 30 %, soit 80 kg par habitant et par an.
En immeuble : le composteur collectif
C'est la solution la plus intéressante pour un collectif d'habitants. Le territoire peut fournir gratuitement un composteur collectif composé d'un ou plusieurs bacs en bois de 400 litres ou de 600 litres (1,10 m sur 1,10 m). Trois conditions sont posées :
- l'accord écrit de la copropriété ou du bailleur : en copropriété, cela passe en général par une décision du conseil syndical ou de l'assemblée générale, selon le règlement ;
- deux personnes identifiées comme référentes du site ;
- de la matière sèche disponible sur place (feuilles, végétaux), indispensable pour équilibrer les déchets de cuisine.
Les référents sont formés lors de sessions d'une journée en présentiel, organisées plusieurs fois par an ; en 2026, le territoire en annonçait à Vincennes en septembre et à Fontenay-sous-Bois en octobre. Les dates des prochaines sessions sont publiées sur sa page consacrée au compostage.
Ce que font les référents
Un composteur collectif qui fonctionne bien est un composteur suivi. Les référents expliquent les consignes aux nouveaux voisins, vérifient l'équilibre entre matières humides (restes de cuisine) et matières sèches (feuilles, broyat), brassent régulièrement, et organisent la récolte du compost mûr, souvent partagée au printemps avec les habitants. Ils servent aussi de relais avec le territoire en cas de problème : odeurs, nuisibles, manque de matière sèche.
- Apporter ses déchets de cuisine dans un bioseau, sans sac plastique.
- Couvrir chaque apport d'une poignée de matière sèche.
- Brasser régulièrement pour aérer.
- Laisser mûrir plusieurs mois dans un bac de maturation avant d'utiliser le compost.
En appartement sans espace vert : lombricomposteur ou composteur de quartier
Pour les habitants d'un appartement sans jardin ni espace commun, le territoire fournit gratuitement un lombricomposteur en plastique de 40 cm sur 40 cm, qui tient dans une cuisine ou sur un balcon : ce sont des vers qui transforment les déchets. Des initiations au lombricompostage sont proposées en visioconférence. Autre option : déposer ses déchets dans une aire de compostage de quartier, dont la carte est publiée sur le site du territoire.
Les points d'apport volontaire de déchets alimentaires
En parallèle, Paris Est Marne & Bois installe des points d'apport volontaire (PAV) réservés aux déchets alimentaires. Le premier a été expérimenté à Charenton-le-Pont en septembre 2021, avec un accès par code ; le déploiement s'est étendu à partir d'avril 2023 aux treize communes. Constatant que les consignes étaient bien comprises, le territoire a annoncé sur sa page le retrait du code d'accès sur tous ses PAV de déchets alimentaires, installés ou en projet, « à partir de la mi-septembre » : l'accès devient libre pour tous les habitants, sans inscription ni code.
Tous les déchets alimentaires y sont acceptés, à déposer sans sac plastique et sans emballage. Un bioseau, petit seau de cuisine, peut être retiré gratuitement dans des lieux désignés de chaque commune : hôtel de ville, services techniques ou déchèterie selon les cas. La carte des PAV et la liste des points de retrait sont publiées sur le site du territoire.
Composter, un projet de quartier
Pour un collectif de transition, le compost collectif est un projet idéal : il demande peu de moyens, crée des occasions de rencontre entre voisins, et rend visible une transformation concrète. Il se combine naturellement avec un jardin partagé, qui utilisera le compost et fournira la matière sèche. Il fait aussi partie des thèmes abordés par le défi Familles en transition écologique du territoire, présenté dans notre article sur le réemploi.
Deux conseils pour éviter les déceptions : commencer petit, avec un groupe de voisins motivés, plutôt que d'ouvrir le composteur à tout l'immeuble dès le premier jour ; et prévoir dès le départ la relève des référents, car un site sans suivi se dégrade vite.
Sources
- Ministère de la Transition écologique, « Biodéchets », mis à jour le 15 septembre 2026 (consulté le 27 octobre 2026).
- Paris Est Marne & Bois, « Compostage » (consulté le 27 octobre 2026).
- Paris Est Marne & Bois, « PAV déchets alimentaires » et « Environnement et transition écologique » (consultés le 27 octobre 2026).
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