Le mouvement de la transition

Monter un collectif citoyen de transition : rester informel ou déclarer une association

Le mouvement de la transition · Publié le 2026-10-27

Carte postale ancienne : un tramway traverse le pont de Joinville-le-Pont, des passants sur le trottoir, des arbres le long de la Marne
« Les beaux sites de la Marne – Joinville-le-Pont – Panorama du pont », carte postale ancienne éditée par FF à Paris. Domaine public.

Tout groupe de transition commence de la même façon : quelques voisins qui se retrouvent, une liste de diffusion, une première projection ou un premier atelier. Très vite se pose une question plus administrative : faut-il créer une association ? Ce n'est pas obligatoire, mais la déclaration change beaucoup de choses dès que l'on veut ouvrir un compte, emprunter une salle municipale ou demander une subvention. Voici ce qu'il faut savoir, d'après les fiches officielles de Service Public.

Collectif informel ou association : que choisir ?

Rien n'interdit à des habitants de se réunir et d'agir ensemble sans aucune formalité. Beaucoup d'initiatives de transition commencent ainsi, et certaines le restent : un groupe qui organise un troc de graines deux fois par an ou une balade de repérage n'a pas forcément besoin de statuts. Le collectif informel a l'avantage de la souplesse. Son inconvénient tient au fait qu'il n'existe pas juridiquement : il ne peut ni signer une convention, ni ouvrir de compte bancaire à son nom, ni recevoir de subvention, ni souscrire une assurance pour ses activités. C'est alors l'un de ses membres qui signe, paie et assume personnellement.

La déclaration en association, régie hors Alsace-Moselle par la loi du 1er juillet 1901, règle ces questions. Selon Service Public, elle permet à l'association d'obtenir la personnalité morale et la capacité juridique. C'est le choix de la plupart des groupes de transition dès qu'ils organisent des activités régulières ou nouent des partenariats avec une commune, une médiathèque ou une MJC.

Préparer la déclaration

Avant toute démarche, il faut rédiger des statuts et réunir une assemblée constitutive. Les statuts fixent le nom de l'association, son objet, son siège, les règles d'adhésion et de fonctionnement. L'objet mérite un soin particulier : c'est le texte qui sera publié au Journal officiel et qui permettra, des années plus tard, de comprendre ce que faisait l'association. Les objets des groupes de transition se ressemblent souvent : soutenir les initiatives locales qui contribuent à la transition écologique, rassembler les habitants autour de projets concrets, partager l'expérience d'autres territoires.

D'après la fiche de Service Public, la déclaration doit indiquer :

Elle est accompagnée d'une copie du procès-verbal de l'assemblée constitutive signée par au moins un dirigeant, d'un exemplaire des statuts daté et signé par au moins deux dirigeants, et de la liste des dirigeants avec leur nom, profession, domicile et nationalité. Service Public précise un piège fréquent : la déclaration peut être rejetée si une date de naissance figure sur les documents joints.

Déposer le dossier et obtenir le numéro RNA

  1. Choisir le canal. La déclaration peut se faire en ligne, avec le téléservice e-création, sur place au greffe des associations du département du siège, ou par courrier, à l'aide du formulaire officiel ou d'un courrier libre.
  2. Recevoir le récépissé. Le greffe délivre un récépissé dans les 5 jours suivant la remise d'un dossier complet ; le délai peut être plus long en période chargée. En ligne, il arrive dans l'espace association du compte Service Public.
  3. Conserver le numéro RNA. Le récépissé porte le numéro d'inscription au répertoire national des associations (RNA), qui sera demandé pour la plupart des démarches.
  4. Attendre la publication. Le greffe transmet la déclaration à la Direction de l'information légale et administrative ; l'annonce paraît au Journal officiel des associations et fondations d'entreprise (JOAFE) dans les 10 jours suivant la réception, le mardi. Cette publication est gratuite.

Le justificatif de publication au JOAFE peut ensuite être téléchargé : il sert à prouver l'existence et la capacité juridique de l'association et doit être conservé pendant toute sa vie. Les modifications ultérieures (changement de siège, de nom, d'objet) et la dissolution font aussi l'objet de déclarations et, pour certaines, d'annonces au Journal officiel. C'est d'ailleurs ce qui permet de retracer l'histoire des collectifs locaux, comme nous l'avons fait pour les associations de transition du Val-de-Marne.

Les questions pratiques d'un groupe de transition

Où se réunir ?

Les communes mettent souvent des salles à disposition des associations déclarées, sur demande et selon un règlement propre à chaque ville. Les MJC, maisons des associations, médiathèques et centres sociaux accueillent aussi des ateliers, à condition de s'entendre sur le format. Dans l'est parisien, plusieurs ateliers de réparation et de vélo fonctionnent ainsi dans des équipements publics ou associatifs.

Faut-il une assurance ?

Dès qu'un groupe accueille du public, organise des ateliers avec des outils ou des sorties, la question de la responsabilité civile se pose. Une association peut souscrire une assurance à son nom ; c'est l'un des intérêts de la déclaration. Les conditions sont à voir avec un assureur, et avec le gestionnaire du lieu, qui peut en exiger une.

Comment trouver des bénévoles ?

Le bouche-à-oreille, les forums des associations organisés à la rentrée par la plupart des communes, et les plateformes publiques comme JeVeuxAider.gouv.fr, où des associations de transition du Val-de-Marne publient des missions, sont les canaux les plus courants. Un groupe qui dure est souvent un groupe qui sait proposer des engagements courts, pour un après-midi ou un projet, à côté du noyau qui assure la continuité.

Faut-il rejoindre un réseau ?

Ce n'est pas une obligation. Mais l'adhésion à un réseau, départemental ou national, donne accès à des formations, des outils et des retours d'expérience. Le mouvement des villes en transition fonctionne précisément sur ce partage, comme le rappelle notre article sur ses origines.

Ce que la déclaration n'impose pas

Créer une association ne crée pas d'obligation d'activité, de taille ou de chiffre d'affaires. Une petite association peut vivre avec quelques adhérents et un budget modeste, à condition de tenir ses assemblées comme le prévoient ses statuts et de tenir à jour ses informations auprès du greffe. Lorsqu'un groupe cesse ses activités, il est préférable de procéder à une dissolution en bonne et due forme plutôt que de laisser une association « dormante », dont le nom et l'adresse continueront de figurer dans les annuaires.

Sources