Bords de Marne

Se baigner dans la Marne : les sites autorisés, la qualité de l'eau et les règles

Bords de Marne · Publié le 2026-10-27

Carte postale ancienne : barques et ponton en bois sur la Marne à Joinville-le-Pont, rive boisée en arrière-plan
Embarcations sur la Marne à Joinville-le-Pont, à la fin du XIXe siècle. Carte postale ancienne, auteur inconnu, domaine public.

Pendant des décennies, se baigner dans la Marne relevait du souvenir de cartes postales : guinguettes, plongeoirs et canotiers de la Belle Époque. Depuis l'été 2025, c'est de nouveau possible, sur quelques sites aménagés et surveillés du Val-de-Marne. Le retour de la baignade est le résultat de trente ans d'efforts sur la qualité de l'eau ; il reste encadré et dépend de la météo. Voici ce qu'il faut savoir.

Trente ans pour revenir à la baignade

Le retour de la baignade en Marne a été préparé de longue date. Le syndicat mixte Marne Vive, qui fêtait ses 25 ans en 2018, travaille depuis 1993 à la reconquête de la qualité de l'eau dans le bassin, avec la baignade comme objectif fondateur. Le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) Marne Confluence, approuvé par arrêté interpréfectoral le 2 janvier 2018, s'était fixé pour objectif de retrouver la baignade en Marne en 2022, dans le respect des exigences paysagères et écologiques. En avril 2022, la Métropole du Grand Paris a approuvé une convention de financement avec Marne Vive pour l'étude préparatoire à l'ouverture de sites.

L'objectif a été atteint avec trois ans de retard : selon Marne Vive, quatre sites ont ouvert à l'été 2025 dans le Val-de-Marne. Ce retour s'inscrit dans le plan Baignade lancé en 2016 pour la Seine et la Marne, dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Selon la Ville de Paris, les travaux d'assainissement engagés depuis représentent plus de 1,4 milliard d'euros, et se poursuivent en 2026 avec la mise en conformité des branchements privés.

Le travail ne concerne pas que les grands ouvrages : une part importante de la pollution vient de mauvais branchements, quand les eaux usées d'un logement partent dans le réseau d'eaux pluviales, qui se jette directement dans la rivière. Paris Est Marne & Bois, compétent pour la collecte des eaux usées et pluviales sur ses treize communes, mène des actions pour faciliter la mise en conformité des branchements des particuliers.

Les quatre sites du Val-de-Marne

SiteType d'ouvertureCe qu'il faut savoir
Joinville-le-PontSite pérenne, géré par Paris Est Marne & BoisOuvert tout l'été ; accès payant et jauge limitée selon la presse locale
Maisons-AlfortSite pérenne, géré par Paris Est Marne & BoisMêmes conditions que Joinville-le-Pont
Saint-Maur-des-FossésOuverture ponctuelleQuelques semaines en début d'été, quartier de La Varenne
Champigny-sur-MarneOuverture ponctuelleQuelques semaines en juillet

Pour la saison 2026, la presse locale a fait état d'une ouverture du 20 juin au 31 août pour Joinville-le-Pont et Maisons-Alfort, tous les jours à partir de 10 h (l'heure de fermeture pouvant varier selon le site et le jour), avec un accès payant à partir de 3 euros pour deux heures et une capacité de l'ordre de 200 personnes par site, et d'ouvertures plus courtes à Saint-Maur-des-Fossés et Champigny-sur-Marne. Ces informations changent d'une année sur l'autre : vérifiez les dates, horaires et tarifs auprès de Paris Est Marne & Bois et des mairies avant de vous déplacer.

À l'échelle de la métropole, la Ville de Paris recensait huit sites de baignade pérennes en milieu naturel pour l'été 2026, contre sept en 2025 : trois à Paris, quatre dans le Val-de-Marne et un nouveau à Neuilly-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis.

La qualité de l'eau : contrôlée, variable, publiée

Une rivière n'est pas une piscine. La qualité bactériologique de l'eau varie avec la météo : après un orage, les réseaux d'assainissement peuvent déborder et les eaux de ruissellement entraînent des pollutions vers la rivière. C'est pourquoi les analyses sont réalisées en continu pendant la saison par les collectivités, sous le contrôle de l'agence régionale de santé (ARS), avec des capteurs installés en amont des sites. En cas de risque, les sites ferment rapidement, parfois pour une journée ou deux.

Chaque site reçoit en outre un classement annuel en quatre catégories : excellente, bonne, suffisante ou insuffisante. Ce classement, qui tient compte des jours de fermeture, a été « insuffisant » en 2025 pour les sites parisiens et pour Joinville-le-Pont et Maisons-Alfort. La Ville de Paris précise que, les jours d'ouverture, les tests indiquaient une qualité suffisante, et qu'aucun signalement sanitaire n'a été remonté à l'ARS. Un classement insuffisant n'interdit pas l'ouverture d'un site surveillé, mais il oblige à poursuivre les efforts.

Les règles à respecter

La baignade, un indicateur pour tout le territoire

Pour les habitants des boucles de la Marne, le retour de la baignade est plus qu'un loisir d'été : c'est un indicateur visible de l'état de la rivière, qui dépend de chaque branchement d'assainissement, de chaque surface imperméabilisée et de la préservation des berges. C'est aussi un atout pour qui envisage de s'installer près de l'eau : notre guide pour choisir un logement au bord de la Marne détaille ce qu'il faut regarder, de la zone inondable à l'étiquette énergie. Enfin, la rivière abrite des espaces naturels protégés, présentés dans notre article sur les îles de la Marne : la baignade s'y arrête là où commence la quiétude de la faune.

Sources