Faire ensemble

Fresque du Climat, Fresque de la biodiversité, 2tonnes : organiser un atelier climat entre voisins

Faire ensemble · · Publié le 2026-11-05

Une grande feuille posée sur des tables, couverte de cartes illustrées reliées par des flèches tracées au feutre, avec le titre « Sauve ta Terre »
Une Fresque du Climat terminée, lors d'un atelier à l'ENSTA. Photographie de Meukiedje, CC0. Illustration générale, pas un atelier de l'est parisien.

Beaucoup de collectifs de transition sont nés d'une soirée : une projection, un débat, ou, de plus en plus souvent, un atelier où l'on manipule des cartes sur une grande table. La Fresque du Climat et ses cousines ont fait entrer ces jeux sérieux dans les entreprises, les écoles et les salles municipales. Voici comment ils fonctionnent, comment en accueillir un entre voisins, et comment éviter qu'il reste sans suite.

La Fresque du Climat : relier les causes et les conséquences

Le principe est simple. Les participants reçoivent, par lots successifs, des cartes qui décrivent chacune un élément du changement climatique : activités humaines, gaz à effet de serre, effet de serre additionnel, hausse de la température, fonte des glaces, acidification de l'océan, sécheresses, migrations… Ils doivent les placer sur une grande feuille et tracer les flèches de cause à effet. Personne ne fait de cours : le groupe reconstitue le mécanisme d'ensemble en discutant, et l'animateur corrige et complète.

Selon l'association qui la diffuse, l'atelier dure trois heures, repose sur un jeu de 42 cartes dont le contenu vient des rapports du GIEC, et réunit 4 à 14 participants autour d'un animateur, en présentiel ou en ligne. Il existe une version junior pour les 10-14 ans et une version simplifiée pour les 14-18 ans. Après la phase de cartes viennent un temps de créativité puis un débriefing consacré au ressenti et aux pistes d'action. L'association propose désormais un atelier dit « de deuxième génération », qui cherche un nouvel équilibre entre science, émotions et action.

L'outil a été imaginé par Cédric Ringenbach et l'association a été créée fin 2018. Elle revendique aujourd'hui plus de 2 millions de participants dans plus de 160 pays, et des cartes traduites dans plus de 45 langues : des chiffres déclaratifs, mais qui disent l'ampleur du phénomène.

Les « fresques amies » et l'atelier 2tonnes

Le format a été repris pour d'autres sujets. Deux ateliers intéressent particulièrement un groupe de transition.

Les deux approches se complètent : la Fresque fait comprendre pourquoi, 2tonnes fait toucher du doigt combien et comment. Beaucoup de groupes commencent par la première et proposent la seconde quelques semaines plus tard.

Organiser un atelier dans son quartier

  1. Trouver un animateur. Les trois projets tiennent un agenda d'ateliers et un annuaire d'animateurs formés ; certains animent bénévolement pour le grand public, d'autres dans un cadre professionnel. Les conditions d'utilisation des outils, gratuites ou payantes selon le cadre, sont précisées sur le site de chaque projet : à vérifier avant d'annoncer l'événement.
  2. Choisir une salle adaptée. Il faut de grandes tables, ou des tables que l'on peut rapprocher, de l'espace pour circuler, et un mur ou un tableau pour le débriefing. Une salle municipale, une médiathèque, un local associatif ou une salle commune d'immeuble conviennent. Pour emprunter une salle de la mairie, il est souvent plus simple d'être une association déclarée : voir notre article sur la création d'un collectif.
  3. Limiter le nombre de participants. Une table de huit à dix personnes fonctionne bien ; au-delà de quatorze pour une Fresque du Climat, ou de quinze pour 2tonnes, il faut une deuxième table et un deuxième animateur.
  4. Bloquer trois heures à trois heures et demie, plus l'accueil. Un samedi matin ou un début de soirée en semaine se prête bien à l'exercice. Prévoir de quoi boire et manger : l'atelier est dense, et le moment informel qui suit est souvent celui où les projets naissent.
  5. Varier le public. Un atelier entre convaincus produit moins d'échanges qu'un groupe mêlant voisins, commerçants, parents d'élèves et élus. Une affiche chez le boulanger et un message sur la liste de l'école touchent souvent d'autres personnes que les réseaux habituels.

Après l'atelier : passer à l'action

C'est la limite la plus souvent reprochée à ces formats : plusieurs articles de presse ont souligné qu'un atelier de trois heures suffit rarement à changer durablement les comportements, et qu'il laisse de côté les causes politiques de l'inaction. Rob Hopkins, le fondateur du mouvement des villes en transition, insiste de son côté sur le rôle de l'imagination et du passage à l'acte collectif, présenté dans notre article sur sa démarche. Les deux remarques mènent à la même conclusion : l'atelier doit déboucher sur quelque chose.

Quelques pistes qui fonctionnent bien à l'échelle d'un quartier :

Un atelier réussi ne se mesure pas au nombre de cartes bien placées, mais au nombre de personnes qui reviennent la fois suivante.

Sources